Archives pour septembre, 2011

Le retour se precise!!!

Coucou a tous!!!

Nous approchons tout doucement du retour, la date prevue d’arrivee a Bordeaux est le  Samedi 4 Fevrier 2012!

Nous mettrons plus d’informations d’ici peu de temps concernant le trajet en Europe si certaines personnes sont motivees! et egalement sur le retour Bordelais, lieu et horaire approximatif!

Bisous a tous

64. le Kit Kat au col Spiti Valley

Les Artiz en Velo

La Spiti Valley Himachal Pradesh

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59. on admire un peu la vue Spiti valley

Inde du Nord du Gujarat au Punjab via le Rajasthan

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31. orage du soir Gujarat


Inde du Nord : entre désert et mousson

De Baroda (Gujarat) à Amritsar (Punjab) du 16 – 08 -11  au 07 – 09 – 11

Nous prenons un train jusqu’à Bujh situé au cœur du Kuchch à l’extrême Ouest du Gujarat. Terre aride et salée, le Kuchch devient vert en temps de mousson. L’immense désert se couvre d’herbe fine et dense.
Le climat ne permet pas l’agriculture dans la région. Les villageois se sont spécialisés dans l’artisanat allant de la broderie, à la poterie en passant par la peinture sur tissu et le travail de la laine ou du cuir.

Notre point de base, Bujh, nous permet de découvrir différents artisanats et techniques pour nos reportages.

Bujh est une petite ville aux maisons carrées dont le toit sert de terrasse01. marche de bujh Gujarat.jpg. Noyée par le soleil pendant la journée, elle s’anime à la fraîcheur du soir! Les ruelles autour du marché se remplissent de femmes venues acheter tissu et marchander la taille de 02. marche de Bujh Gujarat.jpgleurs habits. Les vaches toujours aussi impassibles bloquent le passage. Indifférentes aux klaxons des motos, elles broutent leurs bouts de plastique. Nous visitons le petit musée situé dans le fort. Le responsable appelle les équipes TV et de presse pour nous interviewer. Le lendemain nous avons droit à une belle photo et un article sur notre périple dans 2 journaux locaux.

Héloïse reste au lit clouée par une petite indigestion mais Aurélien profite pleinement du festival hindouiste qui bat sont plein dans les rues de la ville. Les processions de chameaux, chevaux font le tour de la cité, suivies par les hommes surexcités qui tentent d’attraper des offrandes accrochées aux fils électriques. S’aidant en faisant la pyramide, ils décrochent les petits paquets qui tombent au sol et tous se précipitent survoltés pour en ramasser un bout. Les femmes et les enfants sont avec les chameaux, les enfants étant déguisés en petits dieux. Les tablas produisent un son endiablés et excitent la foule. l’ambiance est vraiment électrique et prenante.

15.pyramide pour attraper offrande Bujh Gujarat12.rue pendant festival Bujh.jpg07. procession festival Bujh

Après les visites des artisans nous prenons la route direction le Rajasthan . La chaleur est écrasante, dès 10h nous fondons littéralement. Nous ne nous lassons pas d’admirer la diversité des habillements dans la région : les femmes portent une longue jupe colorée, un boléro aux motifs compliqués qui mixent toutes les couleurs possibles. Le dos est entièrement dévoilé. Chaque 47extrémité du boléro étant fermée par une ou deux lanières. Un grand voile de couleur vient le couvrir. Leurs bras sont recouverts de gros bracelets blancs qui épousent la forme des biceps : resserrés au niveau du coude, ils s’agrandissent au fur et à mesure qu’ils se rapprochent de l’épaule. Les narines sont ornées de gros piercing rond en argent ou d’une boucle en demi-lune reliée à l’oreille par une fine chaîne dorée. Les hommes ne sont pas en reste : yeux soulignés de noirs, boucles d’oreilles pendantes ou anneau sur le lobe de l’oreille, foulards fleuris rose, mauve ou bleu, ceints d’un gros turban…

00022.berger nomade (1)Les plus caractéristiques sont les innombrables bergers que nous croisons : large dothi blanc dont un pan est ramené entre les jambes pour faire un pantalon, un chemisier blanc très cintré et brodé dans le dos, un turban blanc ou rouge noue sur la tête.
Le paysage est assez monotone : petite route rectiligne au milieu des buissons épineux qui s’étalent à perte de vue. La chaleur est écrasante et nous laisse peu de répit.

Au détour de village nous croisons une grande famille de nomades. Les hommes sont en tête avec les garçons menant un large troupeau de moutons et de chèvres de plusieurs centaines de tête. Les femmes suivent quelques centaines de mètres derrière. Chacune tenant et marchant à côté d’un des trois chameaux chargé de tous leurs biens. Les petits enfants sont perchés sur l’un des animaux se balançant doucement au rythme de leur pas. Un lit retourné sur lequel a été tendu une voile les protège du soleil. La vision est surréaliste et nous amène tout droit dans un récit des milles et une nuits.

000022.femmes nomades (2)0022. troupeaux bergers nomades000022.femmes nomades(1)
La route qui mène au Rajasthan se fait plus verte et boisée et les oiseaux s’en donnent à cœur joie, perroquet vert, échassier à tête jaune, oiseaux au fin bec rouge, martin pêcheur bleuté et surtout de magnifiques paons et paonnes aux couleurs parfaites dont le cri résonne tous les kilomètres. Sur la route nous dépassons de lents chameaux qui tirent de petites carrioles chargées de fourrage ou de paquages. La tête fière, ils nous regardent passer sans sourciller.

33. dromadaire au travail Gujarat (1)

Un soir nous décidons de nous poser dans un petit hôtel. Il y a des villages comme ça où tout est multiplié par 10 : les villageois ne peuvent se détacher de nous lors de notre tour en centre ville. Des centaines de regards suivent nos mouvements,  le temps s’arrête et tous bloquent sur nous sans un sourire ni une expression. Nous achetons une aubergine et trente personnes se massent autour de nous. Ensuite au stand de pommes de terre, le groupe s’est encore agrandit. Dans le café internet de  15 m carré c’est 20 personnes qui commentent nos mails et regardent nos photos. Aucune communication, seulement des regards figés sans réaction.

30. berger Kuchh Gujarat

Le lendemain, nous entrons dans le Rajasthan. Le paysage aride est pourtant verdoyant en cette fin de mousson. Des troupeaux de buffles et de chèvres paissent ça et là. A chaque troupeau son berger âgé de 10 à 70 ans! Les plus vieux portent le dothi et le turban traditionnels. Tous nous font de grands signes amicaux depuis le bush.

Le sable jaune orange s’infiltre sur les bas côté de la route. Des dunes recouvertes d’une végétation verte – grise s’étalent à l’Est. Un peu partout de belles huttes marron foncé ont été construites. Trois – quatre huttes circulaires aux murs de boue séchée et aux toits de paille arrondis se font face. Un petit auvent de paille protège le bétail. Entourées d’une palissade de bois serré, elles forment une véritable petite communauté fermée. Nous apercevons des femmes en sari rouge qui portent de grande cruche de cuivre ou en poterie sur le tête. A notre vue, elles rabattent leur voile sur leur visage.

40. paysage du Rajasthan43. huttes Rajasthan

Chaque soir nous trouvons sans problème un endroit à l’écart pour planter la tente. Et à la nuit tombée, le ciel s’embrase, crépite sous les éclairs et les coups de tonnerre de notre orage quotidien.

48. camping

Nous partons très tôt le matin pour profiter de la fraîcheur. Aucune circulation à cette heure, seuls des pèlerins en bord de route qui se rendent au temple sacré de Jaisalmer. Ils parcourent à pied des centaines de kilomètres pour accomplir leur pèlerinage. En tongues, sans chapeau, portant leur étendard, ils marchent des heures sous le soleil. Pour une fois nous ne sommes pas les plus lents.

Un soir, nous sommes invités par un berger à planter la tente à côté de sa maison. Celle-ci est une simple pièce,les murs sont en boue séchée et un petit 53. heberges par une famille de bergers Rajasthanauvent permet de s’abriter de la pluie. Avec ses trois fils, ils ramènent les chèvres et moutons dans leur enclos circulaire. Mais celles-ci n’en font qu’à leur tête et préfèrent se balader un peu partout, montant sur la charrette ou broutant nos sacoches. Nous montons notre campement sous l’œil attentif de toute la famille qui nous sert après un plat de lentilles et de chapati. A la nuit tombée nous nous asseyons tous (sa femme également, et ça a la mérite d’être noté car depuis le Gujarat les femmes sont toujours très très en retrait si ce n’est absentes) sur la charrette de bois à parler par gestes et quelques mots d’anglais. Au loin, comme à l’habitude, les éclairs illuminent le ciel. Le moment est serein, nous nous sentons bien au milieu de cette belle petite famille.

58. nos hotes Rajasthan

Aprèsle traditionnel thé au lait du matin, nous réenfourchons nos vélos pour atteindre Jaisalmer en fin d’après midi. La ville située en plein désert du Thar, à une centaine de kilomètres du Pakistan était une importante étape sur la route des caravanes entre l’Inde, la Perse et l’occident. La ville est surmontée 77.citadelle Jaisalmerd’une imposante citadelle parfaitement conservée et encore habitée. Surnommée la ville dorée, elle doit son surnom à la pierre faite à partir du sable qui donne une teinte jaune dorée à toutes les constructions. Également remarquables, les havelis, sont des maisons de maître érigées par les marchands de la caste Banyia et ornée d’un travail très fin de la pierre. Les fenêtres ont la forme en arrondi des châteaux des Rajas, toutes les façades sont finement ciselées et sculptées, les portes de bois immenses et imposantes sont également sculptées de milles motifs.

75.facade Haveli jaisalmer80. sculpture temple jain91.temple jain

Malgré le tourisme, l’ambiance est envoûtante, nous sommes véritablement sous le charme : c’est pour nous une des plus belle ville historique que nous ayons vu.

Nous prenons ensuite un bus pour Amritsar plus au nord dans le Punjab à la frontière avec le Pakistan. Nous venons surtout ici pour visiter le temple d’Or, centre spirituel et culturel des sikhs.
C’est l’édifice le plus sacré pour les sikhs qui viennent ici en masse pour prier. L’ambiance est absolument spéciale ici et nous nous sentons tout de suite très à l’aise.

Avant de rentrer nous ôtons nos chaussures et lavons nos pieds. Hommes et femmes recouvrent ensuite leur tête d’un foulard. Le temple recouvert d’or trône au centre d’un « bassin sacré » de forme carrée de 150 mètres de côté, l’Amrit Sarovar (ou « Bassin au Nectar »). L’accès à ce bassin s’effectue par quatre entrées qui symbolisent son ouverture à tous les peuples et toutes les croyances.

Après avoir emprunté une promenade faite de marbre blanc, les fidèles entrent dans le cœur du temple par un pont de marbre. A l’intérieur du pavillon;  trois étages dont les parties supérieures ont été recouvertes de plaques et de feuilles d’or au XIXe siècle sur ordre du maharaja Ranjit Singh. L’édifice a été construit en marbre de différentes couleurs, incrusté de nacre et de pierres semi-précieuses. La terrasse, ornée de quatre chhatri (structures surmontées d’un dôme soulevé par quatre piliers), est surmontée par une coupole d’or en forme de lotus renversé.

Le Temple d’or renferme le Livre Sacré des Sikh, le Granth Sahib, lui même enfermé dans un coffre richement orné. Des « kirtan », les hymnes sacrés, y sont chantés en permanence. Des musiciens jouent la musique dévotionnelle.. Les fidèles sont assis sur le sol, écoutent, se recueillent, lisent le livre sacré. Ici encore l’atmosphère est harmonieuse.

Nous allons ensuite dans les cuisines communes où un repas gratuit est servis à tous. L’organisation est bien rodée : nous arrivons et un plat nous est mis dans les mains, en haut des marches on nous donne les couverts puis nous sommes dirigés vers le réfectoire où des dizaines et des dizaines de grandes rangées de tapis tout en longueur sont installés. Nous nous asseyons sur l’une d’elle et sans tarder, le serveur armé d’un grand sceau nous sert des lentilles, puis un autre une sauce curry, et encore un autre des chapatis et enfin le dernier avec un arrosoir nous verse de l’eau. Ils repassent sans cesse dans les rangs pour resservir les assiettes vides.

En bas des centaines de volontaires cuisinent dans les immenses marmites tandis que d’autres (hommes et femmes) font la vaisselles à la chaîne.

Lors de notre traversée du Punjab nous serons accueillis à dormir par deux fois dans des temples sikhs (de moindre importance que le temple d’or)et à chaque fois l’accueil et la tolérance seront les mêmes. Dans les temples des musiciens de tablas et d’harmonium et un chanteur mènent la cérémonie tandis que les fidèles entrent par une des trois portes voutées puis se dirigent sur un long tapis vers le centre du temple où se trouve trône le Guru Granth Sahib sous un dais. Ils s’inclinent et se prosternent devant le livre sacré, puis vont s’asseoir pour prier (les hommes à gauche et les femmes à droite). Nous passons de longs moments dans les temples sans que personne ne nous regardent ou ne nous fassent sentir que nous ne sommes pas à notre place. Ensuite les fidèles vont prendre un repas dans le réfectoire commun où des repas gratuits sont servis matin , midi et soir.

Les Sikhs sont facilement reconnaissables, leurs énormes turbans (de 7 mètres!) noués d’une manière spéciale autour de leur tête et permettant de cacher leur cheveux longs. Ils portent également la barbe longue et un poignard en bandoulière sur leur épaule. D’une carrure bien plus grande que les indiens, les sikhs sont réellement impressionnants. Les femmes ne portent pas d’attributs spécifiques. La religion sikh est très tolérante et conçoit la religion comme un lien pour unir les hommes, c’est une manière d’être, de rendre service à l’humanité et d’engendrer tolérance et fraternité vis-à-vis de tous. Les Gurus Sikh ne demandent pas le retrait du monde pour atteindre le Salut. Il peut être atteint par chaque personne qui gagne honnêtement sa vie et mène une existence normale.

Les Sikhs ne reconnaissent pas le système de castes ; de même, ils ne croient pas en l’adoration des idoles, dans les rituels ou les superstitions.

Le Punjab est le bastion des sikhs qui représentent la grande majorité de la population. C’est l’état indien où la taux de pauvreté est le plus bas. Les villes sont extrêmement propres (nous pouvons même boire notre coca cola assis sur le trottoir, chose impensable dans le reste de l’Inde!), aucune vache ne traîne dans les rues, les gens ne nous matent pas ni ne se rassemblent à 30 autour de nos vélos, etc… Le niveau de vie est plus élevé ici et cela se voit. Mais nous sommes impressionnés par le ferveur des sikhs qui restent très croyants et pratiquants.

Vraiment nous nous sommes sentis bien en terre sikhs et plus particulièrement dans leurs temples qui respirent harmonie et tolérance.

Nous regrettons de ne pas passer plus de temps dans cette belle région, mais les montagnes du nord nous appellent!