Archives pour avril, 2011

Reportage Ecole Thailande Savadi ra!

Savadi Ra!

Nous voilà maintenant en Thaïlande, juste à côté du Laos. C’est le premier pays que nous traversons qui a un Roi. Lui, ainsi que sa femme et sa fille, la princesse, sont très aimés des thaïs qui accrochent des photos de la famille royale dans leurs maisons ou leurs magasins.

Nos premiers jours en Thaïlande ne sont pas très chanceux : le pédalier d’Héloïse casse en deux, impossible de rouler! Ni une ni deux, nous prenons un pick-up puis un train pour faire réparer le vélo à Bangkok, la capitale. Regardez, nous arrivons à tout caser dans le tuk-tuk!

14-Galere!! L'axe du pedalier d'Helo se casse en deux!!16-Arrivee a Bangkok, Tuk Tuk charge!

44-SukhothaiEt qui nous attend là? Les parents d’Aurélien sont venus pour 20 jours de vacances avec nous. Alors nous laissons nos vélos et prenons nos sacs à dos pour les suivre. Nous avons visité des cités anciennes qui datent de centaines d’années. Maintenant il ne reste que des ruines mais c’est très beau.

32-Boudha couche

Les thaï sont bouddhistes, comme au Laos. Il y a de nombreux temples (le lieu où ils vont prier) dorés à visiter. Nous avons même vu un immense bouddha couché, long de 46 mètres.

Et pour finir les vacances nous sommes allés sur une petite île, Ko Tao. La mer est très belle, bleue claire et transparente, nous pouvons voir nos pieds à travers l’eau! Grâce aux masques et tubas, nous pouvons observer les poissons sous l’eau. Ils sont de toutes les couleurs, bleu, jaune, violet, vert, c’est magnifiques.

62-Ko Tao72-Ko Tao69-Ko Tao

Le soir nous entendons les cigales qui font un vrai vacarme et aussi un drôle de gros lézard aux pattes aplaties qui crient  » Tuke – Tuke! ». Et puis il a fallu dire au-revoir aux parents d’Aurélien qui ont repris l’avion pour revenir en France. Nous avons pris nos vélos pour le Sud en longeant la côte. Du coup baignade tout les jours! Il fait vraiment très chaud alors ça rafraîchit.

24- Singe qui recolte les noix de cocoLes campagnes thaïs sont très jolies car il y a beaucoup de cocotiers et de palmeraies. Pour aller chercher les noix de coco, les thaïs dressent des singes! Ils sont très agiles et peuvent monter rapidement en haut du cocotier pour décrocher les noix mûres. Mais les singes sont fainéants! Leur maître doit tout le temps les rappeler à l’ordre pour qu’ils travaillent.

Les thaïs sont très accueillants. Presque tous les soirs nous avons été accueillis par une famille. Ils vivent dans des maisons qui ressemblent aux nôtres sauf qu’ils mangent assis par terre. Ils mangent beaucoup de poisson et de riz, qui est comme du pain pour eux. Et surtout leur cuisine est très épicée, ouïe ouïe ça brûle la langue!

Le matin ils mangent la même chose que le midi et le soir. Nous préférons manger sucré, mais il faut s’adapter!

Le 13 avril, c’est la fête de l’eau. Les familles et amis se mettent en bord de route avec de grands bidons d’eau et arrosent les gens qui passent. Bien sûr en vélo nous sommes très lents, alors ils nous arrêtent tout le temps pour nous arroser et nous mettre de la peinture sur le visage. Regardez comme nous sommes beaux!

37-Fete de l'eau  vers Hua Sai

En tout cas nous avons bien ri et au moins cette journée là nous n’avons pas eu trop chaud!38-Fete de l'eau  vers Hua Sai

41-Fete de l'eau  vers Hua Sai

Un jour, nous avons assisté à un concours de chants d’oiseaux dans un village. Les cages en bois sont accrochées les une à côté des autres et ils se mettent tous à chanter. Deux juges éliminent au fur et à mesure les cages pour ne retenir que les meilleurs chanteurs et les plus beaux. Les propriétaires crient pour encourager leur oiseau.

55-Concours de champ d'oiseau!

Pour finir, nous avons passé 6 jours sur une île qui est un parc national. Ce qui signifie que rien ne peut être construit dessus pour protéger les animaux, les plantes et arbres. Nous avons campé sur la plage et avons pu voir de nombreux animaux : des dauphins gris, des aigles roux, des singes qui essayaient de nous voler notre nourriture et une autre espèce de singe avec une tête rigolote!

76-Semnopithèque obscur-ile de Tarutao 77-Toucan-ile de Tarutao 65-Ile de Tarutao

Et le soir des bernard l’ermite sortaient de leur trous dans le sable : ce sont des sortes de crabes qui se mettent dans un coquillage vide pour se faire un carapace. Lorsqu’ils grandissent, ils changent de coquillage pour un autre plus gros!

Nous avons vraiment beaucoup aimé la Thaïlande et espérons y revenir vite!

79-ile de Tarutao

La Thaïlande au bord de l’eau – Galerie photos

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79-ile de Tarutao

Thaïlande – Galerie photos 1

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38-Ayutthaya

La Thaïlande en sac à dos…

Nong Khai à Prachuap Khiri Kan – 23 février au 26 mars

Nous traversons la frontière et nous posons à Nong Kai pour y retrouver Lydie et Éric. Eux partent vers le Cambodge, nous remontons le Mékong vers l’Ouest. En face le Laos et la piste défoncée que nous avons prise en mini van entre Paklay et Vientiane. Mais en Thaïlande point de piste cabossée, la route est large et asphaltée. Sur les berges du Mékong, de gros potagers sont cultivés le temps de la saison sèche et seront récoltés avant la mousson et la montée des eaux. Au milieu du lit du fleuve, un mince cours d’eau se fraye un chemin entre les îlots sableux couverts de végétation.

7-ScorpionLes villages sont plus modernes, les maisons gardent l’architecture sur pilotis mais l’étage plaqué bois surmonte un sous sol en béton. Sur les bords de route, sèche du tabac étalé sur des tréteaux de bois. Exposé au soleil toute la journée,  il en prend la couleur jaune. Entre les village de grands champs d’ananas sont cultivés selon le principe d’agroforesterie.  Les serpents écrasés jonchent la route. Leur taille, un bon mètre, ne nous rassure pas trop… Nous croisons aussi un beau scorpion bleu qui lève agressivement sa queue contre nos roues de vélo. Les scolopendres sont aussi légion. Nous décidons de ne plus camper que dans des endroits habités et bien défrichés par l’homme, et si possible poser notre tente sur un sol légèrement surélevé.

L’air est lourd et le ciel menaçant se charge de noir. Au loin d’épais nuages se rapprochent. Rapidement les premières gouttes tombent puis c’est le déluge : un véritable orage tropical s’abat sur nous, la route se couvre de profondes flaques d’eau, la boue est emportée en torrent sur les bas côtés, nous sommes ruisselants, intégralement douchés. Pourtant nous n’avons pas froid et pédalons ainsi sous les trombes d’eau toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi. La sensation est enivrante.

8-Mekong

Nous quittons le Mékong pour entrer dans de petites montagnes dont les montées nous laissent ruisselants mais cette fois de sueur. L’air atteint les 35 degrés et plus, et est étouffant, moite… Le soir nous plantons le tente dans la cours d’une école, un villageois nous met une table, des chaises et la lumière à disposition, nous pouvons utiliser les toilettes qui comme partout en Thaïlande comprennent un petit bassin alimenté par un robinet d’eau et un récipient en plastique pour y puiser l’eau; une douche idéale pour nous!

9-Heberges, le fils reste toute la soiree avec nousLe fils d’une dizaine d’années suit d’un œil attentif l’installation de notre campement. Puis, très à l’aise, il passe la soirée avec nous à jouer à l’I-Pod, cuisine avec nous et pour finir partage notre omelette et nos bananes flambées. Son père revient nous apporter du riz collant accompagné d’une boîte de conserve de sardines aux tomates. La texture du riz collant est due a une longue cuisson a la vapeur. Les Thaï en font ensuite de petite boulette avec leur doigts puis piochent et saucent ainsi dans les plats.  Politesse oblige, nous  enchaînons notre deuxième dîner.

Le matin dans une toute petite montée, le pédalier d’Héloïse casse soudainement. Il s’est tout simplement coupé net en deux… Coup dur pour le moral car nous étions motivés pour rejoindre les parents d’Aurélien à15-Nous sommes pris en stop a l'arriere d'un pick up! Bangkok en vélo. Il va nous falloir prendre le train. Mais l’imprévu fait également partit du voyage, les plans établis changent à tout moment et finalement pas forcément pour le pire. Grâce à la gentillesse des thaïlandais, 20 minutes plus tard nous chargeons nos vélos, nos sacoches et nous-mêmes à l’arrière d’un pick-up. Il nous dépose 200 km plus loin devant un gare ferroviaire. Une longue attente en perspective car le train n’est prévu qu’à 21h30. Nous trompons l’ennui en observant la vie qui se fait autour de la place. Le marché de nuit s’installe : petits étales ambulants servant des soupes de nouilles, ampoules en guirlande pour éclairer les tables en plastiques auxquelles sont attablés les clients. Les moustiques s’invitent en masse, le ballet est incessant; tout nos voisins, résignés,  se tapent machinalement les jambes, le visage, les bras…

Notre train finit par arriver et nous dépose le lendemain matin à Bangkok. Nous partons déposer sacoches et vélos chez René de Warmshowers, puis amenons à réparer le vélo et trouvons une guest house. Nous retrouvons Ben et Alice de retour à Bangkok pour prendre leur avion pour l’Australie. Nous fêtons leur départ en espérant nous revoir quelque part dans le monde, sait-on jamais.

Arrivé le 3 mars, nous partons à l’aéroport accueillir les parents d’Aurélien en vacances pour 15 jours. Les retrouvailles sont évidement remplies d’émotions, de larmes, d’éclats de rire et d’embrassades. Les jours suivants sont consacrés aux visites : le Wat Phra Kaew, temple du bouddha d’émeraude, ainsi que le grand palais inséré au milieu d’un immense complexe où temples aux mosaïques multicolores, stupas dorées, cloîtres aux fresques colorées, statues de géants mythologiques s’entremêlent. Mais aussi le Wat Pho qui renferme le bouddha couché long de 46m, ou encore Chinatown le quartier chinois trépidant.

26-Grand Palais32-Boudha couche

Nous partons ensuite dans le nord visiter les villes historiques d’Ayuthaya et de Sukhothai, toutes deux anciennes capitales du Siam. La ballade se fait en vélo à travers les ruines plus ou moins bien conservées selon les sites. Le parc principal de Sukhothai est de toute beauté, les ruines de briques rouges orangées abritent de grands bouddhas paisibles entourés de chedi en bouton de lotus dont la flèche conique pointe vers le ciel. Les anciens temples renferment de gracieuses statues de divinités. L’endroit est paisible, pelouse rase et étang de nénuphars roses vifs.

43-Sukhothai

44-Sukhothai48-Sukhothai

Nous prenons ensuite la direction du sud vers l’île de Kho Tao où nous débarquons après 1 jours63-Ko Tao et demi de voyage en bus, train et bateau. Nous nous installons dans une guest house sur une baie encore sauvage. Nos bungalows donnent sur la mer dont les vagues s’écrasent sur de gros rochers noirs. Les cocotiers nous entourent et abritent des cigales qui chaque soir entament leur chant strident. Un tel bruit émanant de si petits insectes est impressionnant. Les 5 jours suivants se partagent entre petites randonnées sur l’île, baignade, masques et tubas dans les différentes baies de l’île et ballade dans les deux villages. Kho Tao est vraiment une île paradisiaque : eau turquoise et limpide, sable fin, cocoterais, poissons multicolores qui picorent les coraux, bougainvilliers roses vifs…

62-Ko Tao72-Ko Tao86-Ko Tao

Bien sûr l’île est très touristique, mais contrairement à ce que nous imaginions les baies ne sont pas défigurées parles constructions. Pas de grands complexes hôteliers en hauteur et en béton, seulement des ensembles de bungalows de bois qui pour la plupart se fondent assez bien dans le paysage. Le jour du départ, l’orage gronde, le ciel est noir et la mer agitée. Nous embarquons sur un petit catamaran qui s’élance tel un bateau ivre sur les vagues déchaînées, tanguant et frappant les lames à gros fracas. A bord les discussions s’éteignent, les visages palissent et chacun se concentre pour lutter contre le mal de mer. Un thaï a déjà enfilé son gilet de sauvetage, prêt a sauter! Les passagers vomissent à tour de rôle, Roselyne et Héloïse, pâles comme des linges, s’accrochent à leur siège, Aurélien, stoïque, lutte, seul Guy arrive à lire au milieu de la tumulte. Après 2h30 de traversée, enfin la terre est en vue et le calvaire se termine. Nos pieds touchent terre, le vent sèche nos dernières sueurs froides, nous reprenons visage humain!

Après 6 heures de train, nous arrivons à Bangkok. Nous filons récupérer les vélos et mettons 1h dans la circulation encombrée de Bangkok pour rejoindre 92-IMG_1305les parents à leur auberge. Le lendemain une visite à l’immense marché de Chatuchak pour les derniers achats. Et puis déjà il est temps de nous quitter. Ces 17 jours ensemble de voyage en sac à dos étaient nouveau pour les parents d’Aurélien, mais aussi pour nous. Les parents ont été inarrêtables, infatiguables, arpentant les lieux de long en large avec cet œil pétillant et nouveau sur chaque chose. Après un an de voyage nous sommes habitués à ces différences (les tuk tuk, les scooters chargés de 5 personnes, les échoppes de rue, le PQ sur la table en guise de serviette, le klaxons bruyants, etc…)  qui finalement sont devenues notre quotidien. Nous nous amusons à redécouvrir tous ces détails à travers l’œil nouveau des parents d’Aurélien.

Ces 17 jours ont aussi pour nous été de véritables vacances, nous avons été chouchoutés par les parents d’Aurélien : guest house tous les soirs, restaurant matin midi et soir, fruit shake dans la journée. Le régime cycliste ne nous avait pas trop habitué à ça! Cette pause nous a fait du bien après un an de voyage, un grand merci! Nous les escortons jusqu’à l’aéroport où se font les derniers adieux et puis chacun reprend sa route!

La nôtre nous mène dans le sud à travers la route qui longe la côte Est du pays. La sortie de Bangkok se révèle plutôt facile et c’est partit pour 1 journée d’autoroute! Le soir nous sommes hébergés par un thaï d’un soixantaine d’années qui tient un magasin de matériel de chasse et de pêche. Nous plantons la tente dans son jardin, il nous apporte fruits et boissons et nous fait même une démonstration de lancé de couteau, respect!

Les jours suivants nous arrivons à quitter la route principale pour emprunter de petites routes qui longent le littoral. Le paysage pourrait être beau mais malheureusement il est gâché par une pluie incessante. Nous pouvons rouler bien sûr, mais cela gâche le plaisir. Le soir nous dormons dans une cabane sur pilotis sur la plage d’un village. Les voisins mettent les toilettes et la douche à notre disposition, d’autres nous apportent le dîner. Les thaï sont très souriants et accueillants, ne refusant jamais que nous plantions la tente et nous offrant à manger. Pourtant, comme les asiatiques en général, une certaine pudeur subsiste. Et pour ne pas être trop intrusifs, ils nous apportent à manger puis nous laissent et ne reviennent que pour nous débarrasser les plats. Ils nous aménagent un espace pour camper, apportant natte et lumière, mais ne nous invitent pas dans l’intimité de leur maison. Ce comportement n’est pas dicté par la peur de l’autre, mais plutôt par une certaine pudeur, l’envie de ne pas nous déranger. Les asiatiques (à l’exception  des chinois)  sont réservés dans leurs attitudes, ne sont pas tactiles ni ne s’esclaffent à grands cris. Leurs manières sont toujours très douces et mesurées.

Cela se remarque particulièrement dans leur façon de parler : le timbre de voix des thaï est extrêmement bas et la tonalité très douce. Il s’en dégage un véritable sentiment d’apaisement. Parler fort et de façon excitée peut-être perçu comme agressif. Pour nous saluer, ils joignent leurs deux mains en s’inclinant légèrement. Ce geste est synonyme de respect envers un aîné et les étrangers que nous sommes.

Quelques jours plus tard, Aurélien déclare à nouveau un infection et des douleurs similaires à celles du Laos. Heureusement nous campons chez une dame qui appelle rapidement une ambulance pour être transportés à l’hôpital de Prachuap Khiri Kan à 12 km de là. Le pressentiment d’un calcul rénal est fort et sur les conseils de notre assurance nous retournons en mini van sur Bangkok pour qu’Aurélien soit hospitalisé dans un hôpital plus équipé. Effectivement, c’est un véritable hôpital 5 étoiles, la chambre est luxueuse à souhait… Aurélien est pris en charge dès les premières heures de son hospitalisation : écho, scanner puis le lendemain opération pour enlever les calculs démasqués. Pendant trois jours la douleur ne le lâche qu’à coup de piqûres de morphine. Il ressort finalement au bout de 5  jours en forme et remis sur pied. Un mauvais épisode que l’on espère être le dernier!

Nous revoilà à Prachuap Khiri Kan chez la dame à qui nous avions laissé nos vélos, prêts à repartir vers la Malaisie.