Archives pour février, 2011

Publications Fédération Française de CycloTourisme

La FFCT publie tous les 3 mois des récits d’Héloïse et d’Aurélien dans sa revue cyclotourisme.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des articles publiés dans la rubrique « Ils suivent notre périple » du blog, et cliquer sur FFCT.

Le dernier article vient de paraître (cyclotourisme n°599 de février 2011), les Artiz’en vélo y racontent leur traversée du Tibet : lire l’article.

Bonne lecture…

Reportage Ecoles – Dernière ligne droite en Chine…

Après la montagne, le froid, la nature et les animaux en liberté, nous commençons à redescendre en altitude. La douceur revient petit à petit, nous sommes à Kangding, au Centre Est de la Chine.

Les choses changent , la circulation est plus grande, il y a beaucoup de villes et les gens sont différents. Dans les montagnes, les personnes parlaient le tibétain, maintenant c’est le chinois. Cette langue est difficile, il n’y a pas d’alphabet mais des idéogrammes. Chaque idéogramme représente un concept , une idée. Selon la manière prononcée, il peut avoir différentes significations.

Nous n’arrivons pas  à le lire et il est difficile de le parler. La population est grande en Chine, 20 fois plus de personnes qu’en France et nous le voyons, il y a des gens partout!!

3.randonnee Emei Shan (3)
Randonnée Emei Shan

4.Grand Bouddha Leshan (2)
Grand Bouddha Leshan

3.randonnee Emei Shan macaque tibetain(5)
Macaque Tibétain

A Emei Shan, nous faisons une balade en montagne sur 3 jours, la forêt est verte, nous rencontrons même des singes, le macaque Tibétain! Ensuite à Leshan, 100km plus loin, nous visitons la plus grande statue au monde! un bouddha de plus de 70 mètres de haut! Il est construit en pierre directement dans une falaise.

Nous reprenons nos vélos en direction de l’Océan Pacifique, encore beaucoup de kilomètres quand même! Les forêts sont remplies de bambous, longs et très fins! On peut aussi y trouver quelques pandas, ils se nourrissent de feuilles de bambou.

15.campement dans les bambous
Campement dans une foret de bambou  Marché aux légumes

16.marche aux legumes Zunyi
Marché aux légumes

Ha!! et la nourriture chinoise, elle est très bonne! les chinois mangent beaucoup de légumes, tomates, salades, oignons, cèleris, c’est parfait pour nous qui faisons du sport! Bien sûr il y a aussi les traditionnelles pâtes chinoises, dans un bol, ils mélangent des pâtes fraîches avec des légumes et de la viande coupée.

7.buffle campagne Guizhou
Buffle

Les gens utilisent le bambou pour fabriquer des paniers, des tapis et des chapeaux. Et même certaines espèces peuvent être mangées, il est cuit et c’est délicieux.

En France nous mangeons avec une fourchette et un couteau mais pas en Chine. Ils utilisent deux baguettes en bois que l’on tient dans une main. Pas facile d’attraper les pâtes et les morceaux de viandes! Essayez!

La communication avec les chinois est difficile, ils sont souvent craintif set ils ne nous invitent pas à dormir chez eux. Ils sont pourtant agréable, mais leur culture est très différente de la nôtre.

Nous nous rapprochons petit à petit de l’océan Pacifique, les champs qui nous entourent sont des rizières.

14.rizieres Guizhou
Rizières au Guizhou

La rizière est l’endroit où l’on cultive le riz, il y en a partout! L’animal utilisé afin de labourer la terre est le buffle. Il est plus gros qu’une vache et il a des cornes impressionnantes , cette animal a une force incroyable!!

Nous arrivons à planter la tente quelques fois, au milieu des bambous, dans une forêt,  c’est un grand plaisir car il est difficile de trouver un endroit calme et inhabité.

1- Hong Kong vu de Kowloon
Ile de Hong Kong

La Chine est un grand pays, nous prenons un train pour Hong Kong, cette île est placée sur la côte Est, nous y passerons les fêtes de Noël.

Nous avons enfin rejoint les deux océans! de l’Atlantique en France, nous sommes au bord de l’océan Pacifique!

11-Repas de noel sur Lamma Island ave Mickael, Sophie (belge) et Seb et Julie (francais)
Repas de noël

D’autres voyageurs à vélo sont déjà là, trois français, une belge et un anglais! Et oui, beaucoup de personnes venant de tous les continents utilisent le même  moyen de voyager que nous, le vélo! Le père noël offre des cadeaux à tout le monde, nous cuisinons un repas délicieux.

Nous fêtons la nouvelle année avec des amis  belges, encore un très bon repas.

Nous reprenons la bicyclette pour notre dernière partie en Chine, l’hiver est bien là, nous avons froid sur les vélos, il pleut certaines journées. Mais les gens sont plus souriants et chaleureux.

Nous partons maintenant vers le Vietnam, des endroits magnifiques et peut-être de la chaleur!

A bientôt.

Héloïse et Aurélien

Au pays des chapeaux pointus : le Vietnam

Du 12  janvier au 25 janvier

Le passage de frontière entre le Vietnam et son voisin Chinois s’effectue sur le pont de l’amitié déjà emplit de touristes chinois en ce début de matinée.

Le changement est bien au rendez-vous; à peine 10 km de parcourus et déjà une cinquantaine de « hellos » criés du bord de route. Les cris et les rires fusent pour notre plus grand plaisir. Nous devons nous réadapter à cette envie de communiquer des Vietnamiens. Finis les regards craintifs et fuyants, les vietnamiens au contraire n’hésitent pas à nous aborder et à nous sourire.

Second grand changement non négligeable et dû à l’ancienne présence française : une multitude de cafés fleurissent en bord de route. Au bout de 30 km nous stoppons déjà, trop tentés par les petites terrasses alléchantes. Quel plaisir de trinquer autour d’une bière tandis qu’un groupe d’enfants curieux et malicieux jouent autour de la table.

Le paysage est bien plus préservé que dans les campagnes chinoises. Une belle forêt dense borde la route et s’étale à perte de vue sur les montagnes au loin. Les collines à proximité immédiate sont façonnées par la culture du thé en terrasse. Des rangés des théiers, arbustes aux feuilles vertes foncées, taillés au carré, s’alignent les une en dessous des autres.

Nous profitons du calme pour planter la tente au milieu des théiers, l’espace est réduit, mais la vue imprenable!

Le lendemain matin petite pause au bord de la route chez un épicier qui nous offre le thé. Celui-ci se boit dans de toutes petites tasses qui à peine finies sont remplies à nouveau. Le thé est très bon mais beaucoup trop concentré et infusé pour nos palais de novices…

Nous arrivons à la baie d’Halong et nous bénéficions même d’un beau ciel bleu pour la croisière de 6 heures. Généralement nous sommes toujours un peu déçus par les sites touristiques, mais celui-ci est vraiment de toute beauté. Le bateau de bois zigzague paisiblement au milieu des pitons rocheux. Nous entrons dans cette sorte de labyrinthe aquatique aux verticales calcaires immenses, ciel d’ardoise et mer de jade. Les îlots karstiques se succèdent à l’infini…

En sortant d’Halong nous nous apercevons vite que le Vietnam est très peuplé. Nous mettons deux jours à quitter la côte au tissu urbain dense et au trafic routier bruyant. Nous rejoignons la Ho Chi Minh High way et goûtons enfin à la tranquillité. Seuls quelques rares camions nous dépassent, la majorité des déplacements des vietnamiens se fait en mobylettes ou en charrettes tirées par des buffles tous plus placides les uns que les autres. Les chapeaux pointus font leur apparition. Utiles aussi bien contre le soleil que contre la pluie, ils s’activent au loin dans les champs ou ornent les têtes des vendeuses de fruits et légumes dans les villages.

A l’ouest la chaîne montagneuses se profile, tandis qu’à l’Est s’étalent les cultures de cannes à sucre et de riz. Les rizières sont inondées de 20 à 30 cm d’eau dans laquelle pataugent les agriculteurs pliés en deux sur leurs pousses de riz. Parfois un buffle est réquisitionné et tire laborieusement une charrue de bois. Dans les plantations de cannes à sucre, l’activité est toute aussi intense. La canne est découpée puis acheminée par des camions vers les usines ou directement traitée par les cultivateurs. L’odeur forte de la canne à sucre interpellent nos narines. Nous nous arrêtons pour les regarder extraire le jus de la canne par broyage puis le faire macérer dans de grandes cuves abritées sous des auvents de bois.

Nous décidons de tenter une petite route qui s’écarte de la voie principale pour aller dans les montagnes. Au croisement nous prenons un petit repas à la terrasse d’une épicerie. Le gérant est communicatif, une vraie pipelette! Histoires et anecdotes s’enchaînent sans que nous y comprenions rien, mais le tout est raconté avec tellement de joie ponctuée d’éclats de rire que nous y participons pleinement! Un petit groupe se forme autour des vélos, chacun y va de son commentaire ainsi que l’habituelle énumération des joueurs de football de l’équipe française. Après 11 mois de voyage, on s’aperçoit que Zidane est bien plus connu à l’étranger que Sarkozy!

Nous embarquons pour les montagnes, mais la route se fait de plus en plus petite, se rétrécit jusqu’à n’être qu’une piste puis finit sa course devant une large rivière où quelques radeaux de bambous sont accostés. Apparemment, pour relier les villages voisins, il nous faut embarquer sur un petit bateau. Mais la négociation est vite close car les navigateurs sont un peu trop gourmands sur le prix… Nous rebroussons donc chemin pou reprendre l’axe principal le lendemain. Celui-ci s’avère finalement être toujours aussi calme.

La déforestation est particulièrement visible ici. Des pans entiers de montagnes sont pelés, tondus par les hommes. Les cultures de cannes à sucre rognent petit à petit sur les forêts. A cela s’ajoute la culture sur brulis qui laisse des champs entiers noirs et calcinés, donnant un air de désolation au paysage. Les parcelles sont brûlées pour ensuite être ensemencées sans avoir besoin de labourer le sol. Pourtant, à force, cela conduit à une dégradation durable des sols.

La majorité des maisons sont construites en bois marrons foncé, le toit est souvent fait de paille. Des avances de bois sur lesquelles chacun conduit sa petite activité. Les buffles se font omniprésents : sur la route tirant imperturbables de grosses charrettes, dans les champs ou endormis dans les cours des fermes. A notre amusement, certains d’entre eux sont « albinos » : poils blancs et peau rose, ils ressemblent à de gros cochons à cornes!

Les bonjours et gestes amicaux ponctuent notre traversée des villages. Le plus surprenant reste toujours ces gamins de 2 ou 3 ans , courts sur de petites jambes, qui en une seconde à notre vue s’époumonent en « hello, hellooooo! » lançant de vigoureux coucou de la main. D’où leur vient ce réflexe spontané de nous identifier comme étranger et de nous offrir si rapidement un grand sourire sans aucune peur?

La route est toute en colline, les montées et descentes s’enchaînent. Inutile de dire que cela nous creuse l’appétit. Nous nous habituons à stopper dans les innombrables petites épiceries de bord de route pour se faire un pause gourmande. Un après-midi nous nous arrêtons à l’une d’elles. Nous sommes vite repérés par une mamie toute menue, la bouche rouge du bétel qu’elle mâchonne en permanence.

Elle nous offre rapidement de rester dormir dans sa maison. Nous acceptons l’invitation avec plaisir et découvrons sa maison tout en bois, soutenue par de larges piliers arrondis. Les pans de murs sont travaillés de motifs ciselés qui laissent passer l’air dans la pièce de vie. Celle-ci est très simple, seuls les lits aux moustiquaires magistrales montrent un signe de confort.

La mamie est adorable, elle nous sert un bon repas et bavarde avec nous d’autant plus lorsqu’elle a pris une nouvelle dose de sa mixture. Celle-ci consiste en deux feuille de bétel, au centre desquelles est disposé de la poudre de roche (ou chaux) ainsi qu’une noix d’arec (qui favorise la salivation). Le tout est tassé en une boule puis mâché. Elle ajoute à cela un peu de tabac. Apparemment la mastication du bétel et un peu de thé constituent son alimentation habituelle. On comprend un peu mieux sa maigreur. La noix d’arec fait saliver et teinte la bouche et les dents de rouge. Toute les 5 minutes, la mamie crache un jet rouge… Outre son effet coupe faim, le bétel entraîne une dépendance nocive.

Notre mamie part donc dans un monologue nous expliquant longuement quelque chose qui lui tient à cœur. Cette situation se répète souvent lorsque nous sommes ainsi invités dans l’intimité des gens : ils oublient que nous sommes étrangers et nous parlent comme si nous connaissions parfaitement leur langue. De notre côté, pour rendre la conversation un peu plus animée, nous nous perdons en suppositions sur le « sujet » présumé de la conversation, essayons d’interpréter les phrases, acquiesçons d’un air entendu ou répétons un mot pour appuyer les dires. Au final nous avons l’impression d’avoir presque tout compris!

Nous nous endormons au son de la télévision, notre mamie silencieusement allongée devant l’écran, mâchant sa petite dose…

Nous repartons le lendemain matin sous une fine pluie. Le mauvais temps s’installe et ne nous quitte pas durant les deux jours suivants jusqu’à notre sortie du pays. Le passage de frontière est situé en haut d’un col dont l’ascension d’une vingtaine de kilomètres se fait à travers une belle jungle tropicale. A mi-chemin les nuages commencent à s’accumuler entre les pentes des montagnes, créant une douce atmosphère de mystère. Cependant, au fur et à mesure de notre montée, le brouillard devient de plus en plus dense , nous ne voyons plus devant nous à dix mètres.

Nous arrivons au col sans rien voir de ce qui nous entoure. Les formalités de sortie sont vite faites, nous esquivons un fonctionnaire vietnamien belliqueux qui cherche à arrondir ses fins de mois à coups de bakchich et passons côté laotien. Nous voilà à nouveau en terre inconnue!

Et pour ce nouveau pays nous aurons la chance d’être accompagnés de deux nouvelles recrues cyclistes, fraîchement débarquées de France:  Julie (sœur d’Héloïse) et Hélène (amie). Elles nous rejoignent dans quelques jours à Vientiane pour 20 jours de vélo, aïe aïe aïe… les mollets vont grincer!