Archives pour octobre, 2010

mise à jour du blog Artiz’en vélo

Quelques mises à jour du blog :


1. Reportages associations artisanat équitable au Tadjikistan :

  • Zerafshan Tourism Development Association:
  • article
  • photos
  • vidéos
    • Bactria Center :
  • article
  • photos
    • Yack House :
  • article
  • photos
  • 2. Reportage Kirghizistan

    3. Reportage Chine 1ère partie :

    4. Voyageurs rencontrés : visitez les blogs et sites web des compagnons de route d’Artiz’en vélo :

    5. Ils nous suivent : le partenaire Fédération Française de Cyclotourisme publie un article dans sa revue du mois de novembre 2010 :

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    République Populaire de Chine nous voilà!

    IMG_4636Les formalités d’entrée au Kirghizistan sont rapidement effectuées et nos vélos glissent à toute vitesse vers le petit village de Sary Tash. La douche dont nous rêvions est placée au milieu de la cour de la guest house. La propriétaire nous la propose quand même avec le plus grand sérieux. Ah ah la bonne blague! Le décrassage sera pour plus tard!

    IMG_4672Nous décidons de prendre directement la direction de la Chine et de ne pas passer par le nord du Kirghizistan. Cela reste un regret pour nous de n’avoir passé que deux jours dans le pays, mais après un mois dans les montagnes, le froid et l’hiver ayant commencé, nous sommes tentés par un retour à la civilisation (le Kirghizistan est également montagneux à 90%).

    Doucement nous prenons la route qui évolue entre la chaîne des Pamirs sur notre droite et celle d’Alan un peu moins imposante sur notre gauche. IMG_4682Pendant 80 km nos yeux sont rivés sur les Pamirs, immense mur blanc de neige qui se détache du ciel bleu sans nuages. Un dernier « au revoir » aux montagnes et nous nous tournons résolument vers la Chine où vont maintenant toutes nos pensées : le fameux géant rouge de l’Asie!

    Après une nuit dans le bidonville glauque de Iskashim, nous passons la frontière en compagnie de Bogdan, rencontré une heure auparavant. Côté chinois, l’ambiance n’est plus la même : un soldat perché sur un socle rond effectue des gestes mécaniques pour gérer la circulation, les bâtiments de la frontière sont en dur, l’intérieur est même chauffé. Un fonctionnaire serviable à la politesse guindée nous accompagne à chaque pas pour nous “aider” dans les formalités. Au dernier bureau où nos passeports sont tamponnés par une charmante fonctionnaire, nous pouvons exprimer notre avis sur sa prestation en pressant un smiley souriant vert ou au contraire un smiley en colère rouge. Welcome in China!!

    IMG_4694

    chameau Bactria

    Nous prenons la route qui continue de serpenter à travers plusieurs petits cols. Nous attentions une longue et belle descente jusqu’à Kashgar, et bien non : nous ne faisons que monter puis descendre pour remonter et redescendre en permanence… Le temps ne nous aide pas : la grisaille et le crachin sont au rendez-vous. Heureusement, pour remonter le moral des troupes, nous croisons de nombreux troupeaux de dromadaires bactria. Ils sont vraiment impressionnants avec leur gros pelage et leur air méprisant. Auré et Bogdan s’essaient à en monter un, ça remue ! Ces sales bêtes ont mauvais caractère et un plus susceptible que les autres crache même une mixture verte et gluante sur la propriétaire. En plus de cela, ils n’arrêtent pas d’émettre des rots malodorants… Bref nous les préférons de loin!IMG_4719

    Le second jour, nous croisons Harry, cyclo autrichien rencontré à Kororgh au Tadjikistan. Nous sommes maintenant un peloton de 4 cyclistes pressés d’arriver à Kashgar, de se poser et d’avoir un peu de confort. Décidément cette route est celle du regroupement de tous les cyclistes. Le dernier jour, nous croisons Mikaël, dont le vélo couché est mal en point et inutilisable. Motivé (et surtout courageux!), il a décidé de pousser de la frontière chinoise jusqu’à Kashgar (250 km)… C’est le moment que choisit la télévision régionale pour nous interviewer. Enfin interviewer est un bien grand mot car de toute l’équipe TV aucun ne parle anglais, et de notre côté, à part “chie chie” (merci) nous ne connaissons rien en chinois. Il s’ensuit un dialogue à sens unique : ils nous posent des questions en chinois et nous y répondons selon notre inspiration en anglais. Dommage que nous n’avons pas pu voir le résultat à la télévision…

    4.l'equipe cyclo stef corentin mikael julien aure bogdan helo

    l'équipe cyclo stef corentin mikael julien aure bogdan helo

    Moment d’euphorie lorsque nous arrivons enfin à l’auberge de jeunesse de Kashgar. Nous nous précipitons vers notre idée fixe : la douche! et enfin nous reprenons figure humaine. Nous papotons avec Julien et Stéphanie (http://lemicronomade.jimdo.com) et Corentin (http://www.lesfousduvelo.be), de Belgique, autres cyclistes en transit. C’est l’occasion de boire (quelques) bières et d’échanger sur nos voyages respectifs.

    11.etal a epices vieille ville Kashgar

    Etale à épices - vieille ville Kashgar

    Kashgar est situé à l’extrême Ouest de la Chine. Pendant 2.000 ans ce fut l’un des oasis les plus important de la route de la soie. Halte stratégique pour les marchands après la traversée du désert du Taklamakan ou des montagnes des Pamirs. Peuplé en majorité par des Ouigures, peuple d’origine turque et de religion musulmane, mais aussi par des Tadjiks, des Kirghizes, des Kazaks…
    Pourtant le gouvernement a lancé une vaste campagne de colonisation Han (chinois majoritaires en Chine) dans cet Ouest riche en pétrole et en gaz. Les Ouigures ne sont plus que 40%… Depuis 2000, le gouvernement a également mis en place une destruction (rasage) systématique du centre historique Ouigure. Ceux-ci sont relogés en périphérie de la ville dans des maisons bien “chinoises”. A la place, on reconstruit des supermarchés, des gros buildings, etc…

    6.artere principale ville chinoise Kashgar

    artere principale ville chinoise Kashgar

    Le gouvernement chinois fait dans le Xinjiang exactement la même chose qu’au Tibet.

    14.vieille ville rasee

    vieille ville rasée

    Gérer ses minorités semble lui inspirer des réactions de peur et de repli. Un très bon article de rue89 relate la politique chinoise dans la région du Xinjiang ainsi que les émeutes qui y ont eut lieu récemment : http://www.rue89.com/explicateur/2009/07/06/au-xinjiang-les-ouigours-resistent-a-la-colonisation.

    Du fait de la destruction en cours de la vieille ville, Kashgar n’a plus grand intérêt patrimonial. En se baladant, l’impression est étrange : des quartiers entiers sont rasés, quelques maisons ici et là tiennent encore debout au milieu de ces ruines.

    14.ilot vieille ville face a ville chinoise (2)

    ilot vieille ville face à ville chinoise

    La nouvelle ville Han se resserre autour de la vieille ville jusqu’à la réduire à peau de chagrin.

    Éparpillés, quelques îlots subsistent au milieu des buildings, immenses boulevards à 4 voies et parcs ultra modernes.

    Les Ouigures et Hans ne se mélangent pas, chacun vit dans “sa” ville. D’ici 1 ou 2 ans maximum, rien ne restera de cette mythique Kashgar qui a inspirée tant d’écrivains et de voyageurs…

    16.parc ultramoderne juste a cote de la vieille ville Kashgar

    parc ultramoderne juste a cote de la vieille ville Kashgar

    13.magasin de velo

    magasin de velo

    7.Ouigures vieille ville Kashgar

    Ouigures vieille ville Kashgar

    Perché sur une petite butte “the old city” sus-nommée par les panneaux touristiques,est sanctionnée par un droit d’entrée comme dans un zoo (mais les malins passeront par d’autres petites ruelles pour éviter le péage).

    Non contents de détruire la culture Ouigure, le gouvernement chinois fait de l’argent avec ce qu’il en reste en la folklorisant. Nous déambulons dans les rues mortes, vidées de tout naturel avec un sentiment de malaise :

    les ouigures vendent des porcelaines et couteaux “traditionnels” aux touristes chinois bardés d’énormes appareils photos dernier cri… Quelle image ont ces derniers des Ouigures? Ont-ils une réflexion sur l’oppression dont ils font l’objet? Cela ne semble pas être vraiment dans leurs préoccupations à les voir s’extasier devant ce Disneyland ouigure. Kashgar et ses “minorités ethniques” ont une résonance exotique et sont une simple curiosité parmi d’autre à voir.
    Pourtant, il suffit juste d’ouvrir les yeux pour voir la puissance han en marche : juste en face de l’auberge, un vrai champs de bataille où les maisons tombent une à une de jour en jour. 24h/24h les ouvriers travaillent à abattre puis à reconstruire “chinois”. Nous sommes restés 15 jours et avons pu voir les murs s’élever petit à petit…

    9.sur la place de la mosquee Kashgar

    sur la place de la mosquee Kashgar

    Quelques endroits restent malgré tout authentiques.

    21.marche Ouigure de nuit Kashgar (2)

    marche Ouigure de nuit Kashgar

    Le marche extérieur de nuit dégage une atmosphère spéciale et chaleureuse, avec les autres cyclos nous en avons fait un point de ravitaillement obligé.

    Sur une petite place, à la nuit tombée, de minuscules étales se montent, éclairés par une simple ampoule suspendue à un fil qui couvre toute la rangée. Déambuler parmi les rangées apporte son lot de surprise. Nous essayons de deviner de quoi est fait le plat présenté : patte de poulet?

    21.marche Ouigure de nuit Kashgar (6)

    marche Ouigure de nuit Kashgar

    Tête de mouton? Et ce gros boudin de pur gras, ça se mange? Et là, qui trempe dans du jus, est-ce de grosses nouilles ou des tripes entortillées?

    21.marche Ouigure de nuit Kashgar (5)
    marche Ouigure de nuit Kashgar

    Finalement, nous choisissons un stand et l’on s’y assoit sur d’étroits petits bancs de bois. Le bol est servi et bon appétit! Après 3 ou 4 étales, on s’en retourne le ventre repu.

    Sur le chemin du retour, juste en face de la mosquée, a été érigé un écran géant de télévision qui passe des programmes de la TV chinoise. Assis en tailleur à même le sol des Ouigures sont scotchés sur les images qui défilent…

    20. marche aux bestiaux Kashgar (12)

    marche aux bestiaux Kashgar

    20. marche aux bestiaux Kashgar (3)

    marche aux bestiaux Kashgar

    Le dimanche matin, nous nous rendons à l’immense marché aux animaux en périphérie de la ville. Tous les commerçants de la région et même des pays alentours s’y rendent pour vendre et acquérir du bétail.

    Il faut se frayer un chemin entre les rangées de chèvres et de moutons bien alignées. Certains, à moitié étouffés, s’effondrent au sol tandis que le propriétaire est occupé à marchander dur avec un éleveur coiffé d’une toque en fourrure et dont la barbichette pointe au bout de son menton.

    20. marche aux bestiaux Kashgar

    marche aux bestiaux Kashgar

    Côté bovin, l’ambiance est plus dissipée. Les taureaux s’énervent et s’impatientent tandis que les yacks têtus résistent énergiquement aux éleveurs qui tentent de les bouger.

    Entre temps, une autre cargaison de 6 cyclistes est arrivée. Nous retrouvons avec plaisir Judy (www.getjealous.com/judezebedee) et Sophie (ww.sophiefietst.be) rencontrées à Samarqand (Ouzbékistan). Finalement, au bout d’une semaine, chacun reprend sa route, désert du Taklamakan pour les uns, ou coup de train puis Qinshai pour les autres.
    Nous décidons de prendre le train jusqu’à Liuyan pour éviter le désert du Taklamakan long de 2.000 km, droit et plat…Nous réalisons comment la Chine est grande, même nos trois mois de visa sont un peu juste pour la couvrir jusqu’au Sud.

    25.dune oasis Dunhuang

    dune oasis Dunhuang

    Nous débarquons à Liuyan à 4h30 complètement frigorifiés. Après 15 jours d’arrêt, les jambes ont du mal à s’y remettre. Heureusement la route est bonne et nous arrivons rapidement à Dunhuang réputée pour ses grottes aux peintures et sculptures murales bouddhistes. Nous optons pour un site moins cher et moins touristique “la falaise aux mille bouddhas”. Du IVe au XIVème siècle, des communautés monastiques ont creusé des cavités pour honorer Bouddha. C’était un lieu de pèlerinage important sur la route de la soie. Nous commençons la visite des 16 grottes accompagnés de notre “guide” et d’un groupe de 6 chinois. Bien sûr le guide ne parle pas un mot d’anglais mais les grottes sont vraiment magnifiques et les peintures extrêmement bien conservées. 15 minutes et 4 grottes plus tard, le “guide” nous raccompagne à la sortie : les chinois sont ravis et s’en vont après force remerciements, quant à nous, un peu surpris au départ, nous demandons confirmation que la “visite” est bien finie. Et c’est bien le cas, notre guide fume tranquillement sa cigarette, heureux de son devoir accompli. Et en bons français que nous sommes, nous commençons à gueuler et harceler le bonhomme à l’aide de notre phrasebook pour qu’il nous fasse visiter les 12 grottes restantes. Nous nous apercevons également qu’en tant que touristes étrangers nous avons payé plus cher que les chinois (ce qui aurait pu se justifier si le guide parlait anglais. Une touriste chinoise nous fait gentiment remarquer “mais alors c’est normal vous êtes étrangers, y’a rien à demander!”. Et là les français sont de retour, deuxième acte! Nous étions d’accord pour payer plus cher en Syrie ou Ouzbékistan où le niveau de vie très très bas le justifie, mais lorsque nous voyons tous les touristes chinois absolument identiques, habillés des pieds à la tête en Columbia ou Northface, armés de trois kilos d’équipement photo et vidéo, achetant des souvenirs hors de prix, nous restons septiques quand à l’équité de cette tarification… Finalement, les gardiens des grottes nous remboursent la différence entre les deux billets et nous repartons sur nos vélos dégoutés de cette visite et de la mascarade touristique qu’elle représente…

    Pendant une semaine la route alterne entre hauts plateaux désertiques et chaînes de montagne à plus de 3.500 m d’altitude. Les immensités qui défilent devant nos yeux sont impressionnantes, des centaines et des centaines de kilomètres de plateaux désertiques, limités par une chaîne de montagnes aux pics blancs, puis derrière le col un autre plateau qui commence et ainsi de suite. Au pied des montagnes, parfois, de belles dunes de sables travaillées par le vent.

    29.dromadaires bactria (1)

    dromadaires bactria

    28.sur la route de Golmud (2)

    sur la route de Golmud

    A côté, un troupeau de dromadaires bactrians se déplace d’un pas lent, leurs deux bosses molles bougent au rythme de leur marche. Soudain figés par notre présence, ils nous observent paisiblement du haut de leur long cou.

    28.sur la route de Golmud (3)

    sur la route de Golmud

    Au détour d’un col, un plateau particulièrement beau offre des couches colorées au sol : le blanc du sel, le jaune des broussailles rases, le marron de la terre meuble et les montagnes qui s’élèvent progressivement en ramifications jusqu’au sommet.
    Les nuits et les journées sont très froides et nous ne quittons plus nos couches de vêtements ni nos bonnets et gants. Le soir, à 20h30, après des petites soupes instantanées, nous sommes déjà dans nos duvets et ne décollons qu’à 9h le matin sous les premiers rayons de soleil.
    Nous ne nous sentons pas au pays du milliard d’habitants, tant cette partie de la Chine est désertique. Pendant trois jours nous ne croisons aucun village, seuls les camps d’ouvriers (ils sont en train de construire une 2 X 4 voies pour relier Lhassa) en bordure de route nous permettent de nous ravitailler en eau (aucune rivière, ni mare d’eau dans ces déserts).

    30.dunes sur route Golmud (2)

    dunes sur route Golmud

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    sur la route de Golmud

    Une nuit, des cantonniers nous hébergent même dans leur petite maison. Sinon, lorsqu’aucun camps ne pointe le bout de son nez, nous sommes obligés d’arrêter des voitures pour leur demander de l’eau. Et là, surprise : pas une seule voiture ne nous fait faux bond; toutes s’arrêtent et nous offrent bouteilles d’eau, de thé, de coca. Le premier soir, en à peine 10 minutes, nous sommes garnis de 10 bouteilles!

    Les chinois sont extrêmement souriants et joyeux. Ils nous saluent, nous klaxonnent, nous encouragent et surtout rigolent. Ils rient tout le temps et souvent la raison nous en échappe …! Mais ça a le mérite de donner une bonne ambiance. La communication est bien sûr difficile, car lorsqu’un chinois ne veut pas comprendre il ne veut pas comprendre! Nous avons beau faire tout les signes possibles et imaginables, rien ne passe! Des gestes qui semblent universels comme manger, dormir ou téléphoner ne fonctionnent pas ici… Mais on s’adapte et nous finissons par tomber sur un chinois plus imaginatif que les autres qui nous comprend.

    32.Golmud

    Golmud

    Pressés de se poser au chaud et de prendre une bonne douche (ah toujours celle-la!!), nous appuyons sur les pédales et arrivons à Golmud avec 156 km au compteur, notre record absolu! Nous y restons trois jours en compagnie de deux autres cyclos rencontrés à l’hôtel : Brad (allemand) et Jean-Pierre (suisse). Nous préparons les prochains 20 jours de pédalage dans le Tibet autorisé en achetant moufles chauds et quantité de nourriture.

    En quittant l’extrême Ouest de la Chine, nous quittons également la dernière région musulmane de notre trajet. Nous avons passé plus de 6 mois en pays musulman et passons maintenant en terre bouddhiste.
    En Chine, les Ouigures sont également très musulmans et à Kashgar nous avons croisé beaucoup de femmes portant un beau sac à patate sur la tête. Les Ouigures ont innové dans la mode de la burqa et leurs femmes doivent porter un espèce d’immonde foulard très épais et marron foncé sur toute la figure. Comme ça, elles ne voient rien du tout, mais l’honneur est sauf, aucun regard mâle ne pourra les convoiter!! Après 6 mois passés dans des pays musulmans, nous avons encore du mal à accepter certaines choses de cette religion, surtout celles touchant à la femme. Certain diront “mais ça, ça n’est pas la religion musulmane, ce sont des extrémistes!”. Et bien non, car ce n’est pas un cas isolé. Dans chacun des pays musulmans traversé, à plus ou moins grande échelle, nous avons retrouvé ces femmes cachées , méprisées, soumises.

    Comment argumenter que porter le voile et la burqa est un libre choix, alors que ce n’est le cas que pour une infime minorité éduquée. La pression sociale, l’éducation dès le plus jeune âge, forcent toutes ces femmes à porter le voile, la burqa… Que dire de ces jeunes filles turques qui se tournent en rougissant et baissant les yeux vers leur père ou leur frère lorsqu’on leur pose directement une question à elle ? (comment, on s’intéresse à elle??!!) Que dire de ces profs d’anglais syriennes qui me font le geste du couteau sous la gorge si jamais elles partent à l’étranger pour voyager? (être prof est le seul métier autorisé par les maris car les écoles ne sont pas mixtes, elles ne côtoient donc pas d’hommes). Que dire de ces turques kurdes qui ne parlent même pas la langue turque? (elles arrêtent l’école très tôt pour se marier, à quoi bon parler turc lorsque l’on est confinée à la maison!) Que dire de tous ces fantômes iraniennes entravées dans leur tchador noir, qui ne peuvent même pas courir pour rattraper le bus, qui serrent leur sac à main d’une main et referme leur tchador de l’autre? Que dire de ces enfants iraniennes et syriennes entre 5 et 9 ans qui portent déjà le tchador? (dans le coran, l’âge est 9 ans pour le port du voile, comme si des enfants pouvaient attirer la convoitise des hommes, car c’est bien ça la raison invoquée par le coran, le désir du Mâle…)
    Que dire de ces jeunes mariées ouzbeks, tadjiks ou Kirghizes qui servent d’esclaves dans leur belle famille une fois mariées? (elles doivent vivre chez leurs beaux parents et les servir en tout. C’est seulement après les maternités successives qu’elles acquièrent un peu de reconnaissance sociale). Que dire de ces Ouigures cachées par un sac à patate comme des bêtes honteuses? Que dire de ces femmes à Kashgar complètement voilée sauf les yeux qui, pour manger, soulève un minuscule pan du voile facile et font glisser la bouchée de nourriture dessous? (quel plaisir à manger dans ces conditions??)

    C’est en ayant voyagé ainsi que j’ai pu réaliser la chance d’être née française. Finalement, certaines revendications féministes dans nos pays semblent bien dérisoires par rapport à la condition déplorable de la femme à travers le monde. Comment me perçoivent-elles toutes ces femmes cachées, moi qui passe à vélo, libre de leurs entraves? Je pense sincèrement que pour les moins éduquées qu’elles n’envient même pas ma liberté. Trop conditionnées, beaucoup ont peur de cette vie là (= vie de femme occidentale) et elles reproduisent en majorité leur schéma de soumission sur leurs filles et petites filles. Celles qui ont eu la chance de recevoir une éducation scolaire nous ont souvent fait part de leur désarroi face à leur condition et de leur désir de changement.

    Une rencontre qui nous a beaucoup ému est celle faite avec une Ouigure à Kashgar. Attablés à un étale du marché de nuit, nous attendons nos boulettes de viande. A côté, s’installe une femme jeune voilée de noir des pieds à la tête. Seuls deux yeux me scrutent, curieux et interrogateurs. Je la regarde moi aussi, comment se comprendre, deux vies si différentes… Elle nous offre spontanément de sa pastèque, nous lui donnons de l’eau et en partant elle me tape doucement l’épaule et me glisse un de ses beau bracelet rouge dans la main… Elle s’éclipse et se fond dans la foule, je n’ai pas vu son visage, difficile de lui donner une personnalité, comme si elle n’existait pas. La rencontre a duré seulement 10 minutes, aucune parole n’a été échangée mais nous nous en rappellerons…

    Bien sûr l’Islam ne se réduit pas à la condition de la femme et ce serait indigne de notre part de ne pas mentionner la qualité de l’accueil que nous avons reçu en pays musulman. Les mains tendus tout le long de ces 6 mois en terre musulmane sont inoubliables et ont contribué grandement à nous faire avancer toujours un peu plus loin. Sans tous ces sourires, toutes ces invitations, toutes ces offrandes, tous ces conseils, toutes ces discussions, tous ces rires, qu’aurait été notre voyage? Les musulmans nous ont toujours accueillis spontanément, sans à priori, sans cette peur de l’étranger qui peut souvent être présente en France. Ils nous ont ouvert leur porte complètement et généreusement. Et nous leur en sommes reconnaissants car c’est cela qui fait la richesse de notre voyage.

    Nous remercions aussi tous ceux qui nous laissent des petits commentaires sur le blog. Nous ne répondons souvent pas, mais ça nous fait toujours extrêmement plaisir! encore merci!

    Galerie Photos – Chine : en pays Ouïghoure (Xinjiang)

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    Galerie Photos – Kirghizistan

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    Yack house – Tadjikistan

    Murghab est située dans la partie Est du Tadjikistan sur un plateau de haute altitude d’environ 3.800m.

    La particularité de cette ville placée dans la chaîne des Pamirs est sa population à majorité Kirghize. L’artisanat présent dans cette région est donc totalement différent des précédents. Les tapis, les couleurs, les motifs sont d’inspiration Kirghize.

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    Yourte

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    Intérieur Yourte

    Nous rencontrons Acted qui met en place des structures afin de pérenniser l’artisanat traditionnel. Nous trouvons facilement les locaux, la ville est petite, leur bâtiment en forme de yourte placé à la sortie de la ville se détache facilement du reste des fragiles habitations en terre. L’intérieur est constitué de piliers en bois comme les maisons traditionnelles pamiris. Ce bâtiment est donc l’alliance de deux cultures, l’extérieur en forme de yourte d’origine Kirghize et l’intérieur d’origine Tadjik.

    Acted a mis en place trois structures différentes et indépendantes dans la région. La première est évidemment les Guest House, vous êtes hébergé chez l’habitant et la majorité du prix payé est reversé à l’hôte, démarche éco touristique.

    La deuxième branche est la création d’une agence de tourisme, gérée par les locaux, elle permet aux touristes de faire des treks accompagnés d’un guide. Partir à la découverte des moutons Marco Polo sur 5 jours est par exemple une randonnée appréciée.

    Celle qui nous concerne, la dernière structure concerne l’artisanat local. Le but étant de pérenniser ces savoirs-faire tout en apportant un revenu supplémentaire aux habitants.

    Mughab est effectivement une ville pauvre du fait de son isolement géographique, les habitations sont en terre, le travail est rare, le bazar est enchevêtrement de contenairs. A l’heure actuelle, 80 femmes artisans travaillent avec Acted.

    L’artisanat, totalement influencé par la culture Kirghize, regroupe la fabrication très spécialisée de tapis en laine de mouton ou de yack, de suzani, de chapeaux traditionnelles en feutre, de mini yack ou mouton en feutre, de chaussettes….

    IMG_4363IMG_4386tapis poil chevre

    Cet artisanat est maintenu grâce aux femmes, les savoirs et techniques sont transmis de génération en génération.

    Il garde une fonction sociale importante dans les familles : la fabrication de tapis et de zuzani constitue généralement la dote des filles de la maison en vue du futur mariage. Plus récemment, avec la création du programme d’artisanat équitable d’ACTED, l’artisanat est devenu un moyen pour ces femmes de gagner un revenu monétaire.

    Les produits sont essentiellement vendus aux touristes, les prix ne sont pas abordables pour la population locale et surtout ils en fabriquent au sein de leurs propres familles.

    Il y a deux petits magasins à Murghab où on peut trouver l’ensemble de ces fabrications, l’un au sein d’ACTED et l’autre au milieu du bazar, la Yack House!

    Nous rencontrons la responsable qui n’est apparemment pas au courant de notre venue et du reportage que nous voulons réaliser.

    Internet n’est disponible qu’à ACTED et la connexion est rare, voir inexistante, d’où la difficulté supplémentaire du passage d’information.

    Après quelques explications sur notre visite, nous partons en compagnie de la gérante de la yack house, direction le centre de Murghab afin de rencontrer les artisans.

    Nous rentrons dans une petite cour en terre battue, la maison est encastrée au milieu des autres habitations.

    Directement dirigés dans une pièce secondaire où sont entreposés quelques marchandises et surtout le métier à tisser. Une des filles de la maison nous fait une démonstration incroyable du tissage de tapis.

    IMG_4444Le tapis Kirghiz est fabriqué en deux parties. Tout d’abord, dans sa 1ère phase, le tapis est étroit, 15cm, mais il est excessivement long, jusqu’à 25m!! Afin de réaliser cette bande, il est nécessaire d’avoir de la place, la structure qui permet de tisser est à elle seule très simple mais imposante. IMG_4421

    D’un côté de la pièce, la tisseuse mélange les couleurs et tisse en fonction des motifs voulus. A l’opposée, toujours relié à la première structure, les laines sont tendues à l’aide d’un point d’amarrage en bois.

    La représentation des cornes du mouton Marco Polo reviennent souvent, les couleurs sont jaunes, rouges, oranges, bleu, alliées à des motifs symétriques tels que des losanges, carrés…

    L’outil est impressionnant dans sa simplicité. La tisseuse s’aide d’un ancien tapis afin de reproduire certains motifs. Cela reste manuel, elles comptent les points d’un côté puis les reproduit.

    Dans le but de gagner du temps, plusieurs membres féminins de la famille se relaient sur la fabrication du même tapis.

    La dernière étape donne la forme définitive au tapis. La bande de 25m est découpée à intervalles  réguliers, par exemple tous les 3 m. Ensuite les femmes connectent en brodant à la main les différents morceaux sur leur côté le plus long (3m).

    Après 10 à 15 morceaux assemblés, le tapis prend sa finale en largeur.

    Exemple: 10 bandes de 15 cm font 1,5 de large. Le tapis fait donc 1.5m sur 3m. IMG_4453

    A quelques pas de là, nous sommes accueillis par une seconde femme qui fabrique des objets différents.IMG_4427 Cela regroupe des pochettes de portable brodées à la main, des chapeaux traditionnels, des chaussons, des sacs. Cependant, cela reste un apport d’appoint, la majorité de ses revenus venant de l’élevage. IMG_4429

    Nous finissons la journée par la fabrication de chausson en feutre à l’aide de poils de chèvre. Le patron posé au sol, les poils mis dessus, mélangés à de l’eau et du savon de multiples fois, le chausson est modèle.

    Ces rencontres représentent bien l’importance de l’artisanat dans la culture Kirghiz, ils le portent, tous les hommes ont le chapeau traditionnelle, l’intérieur des maisons est décoré de tapis et zuzani. Ces savoirs-faire ne paraissent pas s’éteindre de suite tant ils sont ancrés dans la vie sociale.

    Galerie Photos – Yack House

    Cliquez sur la photo pour faire apparaître et défiler la galerie complète :

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    Galerie Photos Yack House

    Bactria Center Dushanbe – Tadjikistan

    Le Centre culturel de Bactria a été créé en décembre 2001 par l’ONG française ACTED pour pallier au manque d’accès à la culture, d’information et de formation professionnelle au Tadjikistan. Le Centre couvre une large palette dans le domaine artistique et culturel et organise ainsi des festivals de poésie, des séminaires, des semaines du film de différents pays, des pièces de théâtre et des concerts.

    Récemment a été développé le pôle artisanat équitable géré par Shabnam. L’objectif est de valoriser et trouver des débouchés pour les coopératives d’artisans ou les artisans individuels au Tadjikistan mais également à l’étranger. La tradition artisanale est encore forte et vivante dans le pays et peut constituer une activité économique importante dans un pays encore très pauvre.

    Shabnam, dans le cadre du Bactria Center, organise donc des ateliers de formation pour les artisans volontaires sur certaines techniques. Certains maîtres artisans reconnus dans le pays dispensent des cours dans l’optique d’une transmission d’un savoir faire précis.
    Le Centre tient deux fois par an un évènement “artisanat équitable” lors duquel les produits artisanaux de tout le pays sont exposés. Pour les artisans, le but n’est pas seulement de vendre ces objets, mais également d’avoir un retour sur leurs produits, d’échanger et de rencontrer d’autres artisans. Plus globalement, ces expositions publiques permettent de promouvoir des talents locaux ainsi que la variété du patrimoine artistique tadjik et faciliter ainsi la communication entre les différentes associations d’artisanat dans le pays. Le Bactria Center ne se borne pas à exposer les artisanats, mais accompagne aussi les associations et artisans particuliers dans le montage de projet.

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    boutique bactria center

    Au sein du Bactria Center a été créé une petite boutique pour vendre les produits artisanaux : la “Tillo Teppe”. Une grande variété d’objets sont disponibles:  des tapis et taies d’oreiller, des suzanis, des objets de décoration, des céramiques… La clientèle est composée principalement des touristes de passage et surtout de la communauté d’expatriés de Dushanbe, très important dans la ville du fait de la présence de nombreuses ONG et de la proximité avec l’Afghanistan (de nombreux humanitaires en Afghanistan ont leur base à Dushanbe moins dangereuse).

    Lors de notre passage à Dushanbe, Shabnam avait organisé une rencontre au Bactria Center avec 5 maîtres artisans de la région. Nous avons ainsi pu découvrir leurs produits qu’ils avaient apporté avec eux et discuter pour connaitre leur travail, démarche et motivations.

    S. nous présente ses broderies faites par elle-même et son association de femme qu’elle a créé il y a quelques années. La broderie lui ayant été enseignée depuis son plus jeune âge par sa mère, elle a décidé de crée cette coopérative de brodeuse afin de générer un revenu monétaire qui est bien souvent le seul perçu par ces femmes. Très exigeante sur la qualité des produits, S. tient particulièrement à former ces femmes sur les techniques traditionnelles de broderie : la rentabilité n’est ici pas de mise, le but est de fabriquer un produit d’excellence. Les formations se tiennent le plus souvent directement dans les villages des brodeuses. En effet, ces dernières habitent dans les montagnes et n’ont pas l’occasion de redescendre dans la vallée.

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    suzanna traditionnel

    Les motifs et couleurs utilisés dans la conception des suzanis, petits sacs et chapeaux traditionnels sont transmis de génération en génération et véhiculent la culture et l’histoire tadjik. Il est important pour S. de ne pas perdre ces motifs et de les transmettre à travers ces ateliers. De la même manière, des techniques de broderie très ancienne étaient quasiment perdues car plus complexes et demandant plus de temps aux brodeuses. Elle essaie de les revaloriser et perpétuer au sein des jeunes brodeuses.
    Mais S. tient à montrer qu’elle est également tournée vers le présent avec la création de nouveaux motifs et d’objets plus modernes tels que des petites pochettes pour les téléphones portables.

    M. travaille depuis maintenant 14 ans dans la vannerie.

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    jare en osier

    Les objets présentés sont des panières, des vases, des pots et ustensiles de cuisine fabriqués en osier dans une gamme de tons naturels, du blanc cassé en passant par des tons de fauve jusqu’aux bruns les plus foncés. Ses propres grands parents étaient déjà vanneurs. Souhaitant perpétuer la tradition, elle a suivit un programme de formation dispensé par une ONG étrangère. Le gouvernement Tadjik lui a offert un terrain sur lequel M. a pu planter des saules dont elle utilise les jeunes rameaux pour tresser ses panières. Ainsi elle produit elle-même la matière première et n’a pas besoin de l’acheter à un fournisseur.

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    panière en osier

    M. travaille en famille avec ses enfants et leur transmet ainsi son savoir. Elle enseigne également à l’université et dans une petite école privée qui regroupe 20 élèves très majoritairement féminines et de tout âge. Son souhait est de pouvoir disposer d’un local pour faciliter ses formations. Le second défi pour son artisanat est de toucher un public et de promouvoir ses techniques hors du Tadjikistan.

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    instrument traditionnel

    A. est un maitre artisan dans la fabrication d’instruments de musique traditionnels. Dans la famille, on fabrique des instruments de musique de père en fils, et, dès son plus jeune âge, il entre en apprentissage auprès de son père. Point d’enseignement scolaire, il apprend en regardant, observant, reproduisant puis participant de plus en plus au processus. Il fabrique ainsi des instruments de musique depuis 40 ans. A. insiste beaucoup sur l’excellence de son travail qui utilise exclusivement des matériaux de première qualité pour produire un son parfait. Les instruments sont utilisés par des artistes locaux qui en sont très contents.

    Le travail du bois est un travail de précision qui en décourage plus d’un. Régulièrement, sur les jeunes qui sont en apprentissage dans son atelier, plusieurs arrêtent au bout de quelques mois. Or c’est une formation qui demande des années et des années. Ses propres fils travaillent avec lui. Il est particulièrement fier de son petit fils qui commence tout juste à apprendre et qui souhaite devenir un maître artisan dans le domaine. L’instrument est fait entièrement à la main.

    Cette tradition artisanale se perd au Tadjikistan. Il ne reste plus que 25 maîtres artisans dans tout le pays.

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    instrument traditionnel

    A. tente d’organiser des rencontres pour qu’ils puissent échanger et partager leurs différentes techniques.

    Le manque de débouchés est un problème auquel doit faire face A. Du fait de la qualité des instruments de musique et du nombre d’heures passées à travailler dessus, ce sont au final des produits très chers.

    En tout cas souvent inabordables pour les Tadjiks. D’autre part, la vente est rendu difficile car les instruments doivent être entreposés dans des conditions humidité et des températures très spécifiques. Un local au norme est cher à aménager. Il ne peut ainsi pas laisser ses instruments de musique dans la boutique Tillo Teppe du Bactria Center.
    Pour finir A. nous joue un air de musique.

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    figurines en ceramiques

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    lampe en ceramiques

    T. est maître artisan en céramique. Un parcours peu ordinaire l’a mené dans la voie artistique : après avoir travaillé 20 ans comme ingénieur dans une usine de céramique, il décide de se mettre à son compte pour réaliser ses propres créations. Il apprend seul les différentes techniques et développe sa propre touche artistique mettant en avant les caractéristiques locales tadjiks, mais également des élément nouveaux et originaux de sa créativité. Il conçoit vraiment son travail comme une recherche artistique et esthétique. Ses céramiques ont été récompensées plusieurs fois par un prix de l’UNESCO.
    La finesse et la précision de ses céramiques sont impressionnantes : de petites théières et tasses de thé finement ciselées, des figurines miniatures aux traits expressifs, des bougeoirs mettant en valeur de par un jeu de losange et de carré la lumière d’une bougie…
    Il travaille pour la plupart du temps seul, mais aide parfois de jeunes artistes comme F. à trouver leur propre voie.

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    creations modernes

    F. est une jeune tadjik qui, par hasard, a commencé à peindre sur différentes matières : bois, poterie, verre… Elle y a pris goût, encouragée par son entourage et sans pouvoir encore en vivre commence à exposer ses réalisations.

    S’inspirant de l’art traditionnel tadjik, lui empruntant certaines formes et motifs, elle mixe avec des peintures de son inspiration, plus modernes. Les peintures sont majoritairement faites sur des ustensiles du quotidien : cuillère de bois, bougeoir en verre, assiette, etc… L’important est de montrer que le Tadjikistan est riche de jeunes artistes qui, sans se détacher de leurs racines, font évoluer l’artisanat du pays.

    Le souhait unanimement exprimé par tous les artistes est de pouvoir faire connaître leur art à extérieur du Tadjikistan. Cette volonté de partage se retrouve également dans leurs activités d’enseignement. Tous transmettent leur savoir aux plus jeunes afin que l’art tadjik se perpétue et vive. Le centre Bactria est essentiel pour cela : il offre un espace culturel où les artisans les plus divers peuvent se rencontrer, échanger, enrichir et améliorer leur art, présenter leur travail et également y trouver des débouchés économiques.

    Galerie Photos – Association Bactria Center

    Lien association : http://www.acted.org/en/tajikistan-bactria-cultural-centre-fosters-regional-cooperation

    Cliquez sur la photo pour faire apparaître et défiler la galerie complète :

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    Zerafshan Tourism Development Association (ZTDA) Pendjikent – Tadjikistan

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    Zerafshan vallee

    A 50 km de la frontière ouzbeko-tadjik nous stoppons à Pendjikent pour y rencontrer les femmes artisans de l’association ZTDA (Zerafshan Tourism Development Association). Celle-ci, nouvellement créée en 2008, est une organisation publique tournée vers le développement de écotourisme dans la vallée de Zerafshan.
    Mise en place par l’ONG locale ASDP NAU et l’ONG allemande Welthungerhilfe et financée par la Commission européenne, l’objectif est d’installer un tourisme durable adapté à la société et à la culture locale et à l’environnement fragile. Le projet a ainsi construit un réseau de guest house, forme des guides et développe les compétences en matière d’écologie et de tourisme respectueux de l’environnement.

    L’important est d’impliquer les populations locales afin de créer de nouveaux emplois, réduire la pauvreté et conserver l’environnement particulièrement fragile de la vallée. Cette vallée est située au confluent de la chaîne des Pamirs, de celle de l’Alai et des montagnes Fans. De nombreux lacs et sommets à plus de 5.000 m parsèment la région. Cette configuration géographique rend l’agriculture difficile et mis à part la culture de la pomme de terre et de vergers fruitiers, la région ne dispose pas d’agriculture à grande échelle. La principale activité des habitants est l’élevage ovin et bovin.

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    l'équipe d'artisan

    La ZTDA a tout récemment développé un nouveau pôle artisanat équitable afin de créer des revenus complémentaires pour les foyers. La responsable du pôle, Malika, a prospecté dans les villages de la vallée pour convaincre des femmes de faire partie du programme. Sa sélection a ensuite été fonction de la qualité des produits présentés en test. Les femmes artisans sont pour une grande majorité âgées de plus de 45 ans. Quelques jeunes filles pas encore mariées ont également été intégrées au projet. Au total 30 femmes partagées entre 3 villages travaillent pour l’association.

    L’artisanat n’est pas leur activité principale et reste secondaire. Pendant leur temps libre, en dehors des tâches ménagères et agricoles, les femmes confectionnent les produits. Le travail s’effectue dans leur propre maison et les réunit parfois pour une mise en commun et entre-aide.
    Les résistances masculines, paternelles ou maritales, vis à vis du travail des femmes sont ainsi contournées. Bien que concernant les jeunes filles, certaines familles ne les ont pas laissé se rendre à Dushanbe lors de l’exposition de leurs produits au public.
    L’activité artisanale des femmes se fait principalement pendant l’automne et l’hiver, lorsque les travaux dans les champs et dans les pâturages sont terminés. Les hivers particulièrement rigoureux à ces hautes altitudes empêchent toute activité extérieur et laissent plus de temps libre pour les femmes.

    Dès le commencement du projet d’artisanat équitable, ZTDA a mis en œuvre des ateliers de formation. D’une part pour former les femmes à de nouvelles techniques et diversifier ainsi leur production. Et d’autre part pour motiver les plus jeunes et les faire continuer dans cette voie.
    Ainsi, pendant 18 jours, un expert de la région des Pamirs (région montagneuse à l’Est du Tadjikistan) est venu enseigner le travail du feutre. Ce dernier est pratiqué par les Kirghizes qui peuplent l’extrême Est des Pamirs et était jusqu’alors inconnu des Tadjiks. La volonté de développer les produits à base de feutre tient à l’envie du ZTDA d’éviter le gaspillage des poils de chèvre.
    A l’époque soviétique, après la tonte des grands troupeaux de chèvre de la vallée, les poils étaient collectés pour être traités à grande échelle. Suite à l’effondrement de l’URSS, les poils ont simplement été jetés. Pourtant cette ressource est disponible pour chacune des femmes et leur permet de créer des petits jouets, des chaussons ou même des taies de coussin sans frais.

    Les formations ont également porté sur la fixation du prix et les goûts des touristes. En effet, les femmes sont laissées libres dans le choix des produits fabriqués, des motifs et des couleurs utilisés. Généralement, elles se servent des motifs traditionnels que leur ont enseigné leur mère et grands mères. Certains ajustements ont été fait pour mieux cadrer avec la demande occidentale. Le point positif est que les produits que nous avons vu n’ont pas été dénaturés et restent résolument tadjiks.

    La responsable Malika passe une fois par mois dans les villages pour collecter les produits, discuter de leur qualité avec les femmes et aider dans la fixation du prix. Certaines demandent un prix exorbitant, tandis que d’autres sous-estiment largement leur travail. Une fois dans la boutique à Pendjikent, les produits artisanaux sont dotés d’une étiquette portant un numéro, le prix et le nom de la femme artisan. Lorsque l’objet est vendu, l’argent est reversé à la femme, majoré de 10% revenant à ZTDA pour ses frais de fonctionnement et de 6% de taxes gouvernementales.
    Lorsque le produit n’est pas vendu au bout d’un temps raisonnable, Malika le rapporte à sa confectionneuse.

    Les produits artisanaux sont destinés aux touristes de passage à Pendjikent,

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    eau et savon sur poil

    mais le principal débouché provient des expositions organisées à Dushanbe, la capitale du pays, par le Bactria Center. La communauté d’expatriés est très importante dans la ville du fait de la présence de nombreuses ONG et de la proximité avec l’Afghanistan (de nombreux humanitaires en Afghanistan ont leur base à Dushanbe, moins dangereuse). Ce sont elles qui constituent la principale clientèle des artisans tadjiks.

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    tri et effilage des poils

    Malika nous a amené visiter dans un des villages des femmes qui nous ont fait une démonstration de leur travail.
    Trois d’entre elles nous ont montré la confection de bonnets et chaussons de feutre. Le principe est simple. Les poils de chèvre sont amenés en tas, les plus jeunes les séparent en petites touffes que les trois femmes étalent sur leur patron respectif posé à même le sol.

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    travail du feutre à la forme du pied

    Ensuite elles l’imprègnent d’eau savonneuse, l’essorent puis rajoutent une autre couche de poil qui est mouillée et ainsi de suite.

    Le processus est assez long jusqu’à ce que la couche de poil autour du patron devienne compact et garde la forme que l’on tente de lui donner.

    Le patron de carton est retiré et les femmes modèlent le feutre directement à leurs pieds

    pour les chaussons et à l’aide d’un seau pour le bonnet.

    Pour finir, il ne reste plus qu’à faire sécher les produits au soleil pendant plusieurs jours. Les femmes fabriquent également des petits oiseaux, jouets traditionnels des enfants tadjiks. Ces oiseaux, comme les chaussons et les bonnets, sont ensuite ornés de motifs cousus.

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    fabrication tapis

    Une des jeunes filles nous montre ensuite la fabrication des tapis tadjiks. La laine utilisée provient également de poils de chèvres qui sont filés en pelote grâce à l’antique bobineuse. Le métier à tisser est tout simple et de confection maison : un carré de fer de la forme d’une petite table basse sur lequel sont tendus des fils de laine blancs qui servent de trame pour faire le tapis. Ensuite, à l’aide de ces différentes pelotes de laine, elle confectionne le tapis, de tête, sans l’aide d’un motif à côté pour l’aider dans le dessin.

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    fabrication pelote de laine

    Les femmes brodent aussi de grands suzanis ou des taies d’oreiller selon la tradition tadjik. Ces derniers sont entreposés dans un grand coffre qui n’est ouvert que pour le mariage d’un des enfants : les suzanis composent la dote de la jeune fille à marier.

    Pendant tout le processus de fabrication des produits, les enfants des femmes ont été présents, observant et aidant leur mère. C’est de cette manière que se transmet l’artisanat de génération en génération de femmes. La vente des produits artisanaux est importante pour les femmes, car il constitue un apport monétaire qui est plus valorisé dans le foyer que le travail agricole et les tâches ménagères, non comptabilisés monétairement.

    De plus, l’argent récolté leur revient directement et elles peuvent le gérer elles-mêmes. Enfin, les formations et la participation aux expositions à Dushanbe sont un moyen de valoriser leur travail et de sortir de leur foyer.

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    tri et effilage des poils

    Le programme d’artisanat équitable lancé par ZTDA est encore tout jeune et doit faire face à plusieurs défis, notamment celui de la commercialisation à l’extérieur du Tadjikistan des produits. L’objectif à plus long terme est de toucher une clientèle occidentale et surtout européenne. Pourtant les normes de qualité requises sont encore trop exigeantes pour ce que produisent les femmes de la vallée Zerafshan. D’autre part, l’association essai de développer l’aspect écologique des artisanats. Cela passe par exemple par la mise en place d’atelier de formation sur la fabrication de couleurs naturelles pour remplacer les couleurs chimiques.

    Le pôle artisanat équitable du ZTDA est bien organisé et possède les capacités humaines et institutionnelles pour mener à bien le développement de l’artisanat Tadjik.
    Nous repartons avec un petit oiseau de feutre offert par les femmes rencontrées.

    Galerie Photos – Zerafshan Tourism Development Association

    Lien association : http://www.ztda-tourism.tj/en

    Cliquez sur la photo pour faire apparaître et défiler la galerie complète :

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