Notre entrée en Italie a été placée sous les auspices de la maladie : intoxication alimentaire qui a cloué Héloïse au lit, et qui n’a pas manqué de contaminé Aurélien quelques jours après… Nous avons donc péniblement atteint Gênes en une semaine et avons décidé d’ y faire une petite pause récupératrice d’un jour et demi. Saturés du littoral méditerranéen, nous décidons de le quitter plus tôt que prévu pour partir vers les montagnes.

En effet, la côte italienne (tout comme la française) n’ est qu’une succession de villes agglutinées les unes à côté des autres. Les hôtels et résidences sans charme débordent sur une plage d’à peine quelques mètres de largeur. Dès le passage de la frontière, le contraste avec la France est frappant : les villes sont plus sales et surtout très chaotiques. La route principale passe par le centre ville le long du lungomare (bord de mer aménagé pour les piétons) au milieu des immeubles/maisons/centres commerciaux et cafés qui se superposent les uns aux autres. Pourtant, le bruit et la pollution ne gênent pas les italiens, qui parcourent inlassablement à toute heure le lungomare en discutaillant, ou qui se laissent bronzer sur un coin de banc. Pour notre part, nous avons du mal à profiter de la mer dans l’agitation ambiante… Le seul vrai plaisir que nous retrouvons chaque matin est le cappuccino cornetto attablés à la terrasse d’ un café.

Bien contents d’ avoir enfin quitté la côte agitée, nous attaquons les montagnes plein d’ entrain. Le calme et la nature nous redonnent un second souffle après cette semaine difficile. Les pentes sont raides et brutales, mais nous sommes inarrêtables. Le lendemain, nous partons tôt sous une petite neige qui tombe timidement. Les moyennes montagnes se transforment vite en bonne grimpette, tant les pentes italiennes sont rudes et sans fin.  Nous atteignons le col après deux heures d’ effort, mais sur la vallée qui s’ offre à nous, le temps se gâte. Le froid est saisissant, la neige tombe ardemment et le vent glacial nous repousse à coup de puissantes bourrasques. Complètement frigorifiés (la faute à nos mauvais gants), nous nous ruons dans une miraculeuse auberge sous les yeux un peu surpris des quelques clients qui se trouvent là. Le temps vire à la tempête de neige et nous contraints de stopper : nous nous arrêtons deux jours dans un refuge où le poêle à bois chargé à bloc nous réchauffe. Nous profitons de cette pause pour faire des petites bricoles : couture (hum hum), réparation vélo , lessive …

Nous quittons finalement les montagnes pour la plaine du Po : encore tout enneigée, celle-ci s’étend, plate de chez plate, devant nous; pas un seul arbre ni un seul coteau pour accrocher nos yeux. La très grande majorité des terres est consacrée à l’agriculture. Nous profitons de la plaine pour enchainer les km (entre 80 et 100 par jours). Le soir nous arrivons à dormir au chaud dans la salle de sport d’ un village ou encore dans le paroisse d’un prêtre qui nous offrira même une part de tarte au citron préparée par une de ses paroissiennes : une vrai délice pour nos ventre affamés!

Notre corps commence à encaisser le premier mois de vélo , la récupération physique est bien meilleure… Avant d’arriver à Venise, nous faisons une étape chez Marie et Adriano près de Padova. Nous revoyons ainsi leur petit garçon, Alessandro, toujours aussi mignon, un futur tombeur! Adriano nous concocte un petit risotto au « radissa » (ou quelque chose comme ca), spécialité de la Vénétie, un vrai délice! Une super soirée pour quitter l’Italie.

Nous filons ensuite vers Venise, où nous passons un jour et demi a arpenter le labyrinthe de petites ruelles. La ville nous plaît toujours autant et c’est avec un petit pincement au cœur que l’on se dirige vers le port pour prendre notre ferry.

Nous y retrouvons Mimi, rencontrée a Vérone. Toujours souriante et pleine d’énergie, elle n’hésite pas à aborder tout le monde et à jongler entre l’anglais, le français et l’ espagnol. Nous ferons la traversée vers la Grèce avec elle. Nous rencontrons aussi un géorgien qui nous parle avec passion de son pays et qui nous donne toutes ses coordonnées pour si nous passons à Tbilissi !

Nous resterons près de 39 h dans le bateau, car il est bloqué 16h à quai à cause du mauvais temps (brouillard épais sur toute la lagune). Nous arrivons ce mercredi 17 mars au petit matin sur le port d’Igoumenestia à l’ouest de la Grèce. Et là, enfin le beau temps semble au rendez-vous! On est heureux de retrouver la Grèce, avec ses eaux huileuses et la luminosité si belle. Motivés plus que jamais pour affronter les montagnes grecques!